Au-delà du mur des apparences

formation à Madagascar
Crédit Photo: Innocent Awuvé Azilan

En quittant Haïti pour Madagascar, un bon ami m’a confié avec un ton très sérieux : « ne leur parle pas de Matthew, ne leur parle pas des élections ». Je lui ai donc promis de faire bonne impression. Loin de moi l’intention de mentir ou de jouer l’hypocrite ni de faire croire à tout le monde que chez moi c’est l’Eden… J’ai compris son inquiétude, un Haïtien hors du pays est un porte étendard, c’est un drapeau qui flotte, qu’il en soit conscient ou pas. Alors j’ai pris l’avion avec l’objectif d’être le meilleur Haïtien qu’un Malgache ou qui que ce soit d’autre puisse rencontrer.

Arrivé dans la métropole malgache, j’ai défait mes valises avec mille précautions. L’Haïtien que je suis ne veut surtout pas d’épithètes qui pourraient lui coller à la peau et qui pourraient desservir son pays. Les jours suivants, je rencontre une quarantaine de jeunes gens, de 16 pays différents. Ils sont fiers de ce qu’ils sont, ils portent les couleurs de leurs pays avec assurance. Certains d’entre eux s’expriment en français avec un accent qui pourrait en faire rire plus d’un, mais à quel moment ai-je oublié qu’une langue était censée nous réunir plutôt que d’être un objet de discorde ?

J’ai donc ouvert grands les yeux, saisi d’émerveillement devant une jeunesse fougueuse, amoureuse de la vie et des autres. Cela me rappelle tous les papiers que je devais présenter à l’ambassade pour obtenir mon visa. Tous les mails que j’ai reçus et envoyés. Arrivé à Tananarive (Antananarivo), nos passeports étaient dans nos valises et les frontières érigées sur nos routes dans une chambre assez sombre et humide de nos souvenirs. Nous étions tous membres d’une grande famille, on avait seulement hâte de nous retrouver ensemble autour d’un bon dîner !

D’entrée de jeu, les barrières sont tombées, (euh… désolé, que les choses soient claires, il n’y en a jamais eues !). Pour nous rencontrer, nous avons traversé seize (16) frontières terrestres érigées par les gouvernements. Mais nous, dans nos coeurs, nous sommes des citoyens du monde, l’univers est notre cour de récréation.

Que peuvent se dire des personnes de 16 pays différents pendant une semaine ?

belle experience à Madagascar
Crédit Photo: Georges Attino

Nous avons discuté de notre jeunesse, de la jeunesse de notre pays, de nos défis personnels, de nos gouvernements respectifs, des avancées, de ce qui peut être fait, de ce qui doit être fait et de comment on peut influencer positivement nos pays respectifs et le monde.

Promesse non tenue

Je n’ai pas tenu ma promesse frère, la conversation a tourné autour de nos cassures. J’ai effleuré les problèmes d’Haïti avec les autres. Eux aussi m’ont confié des pans de leur histoire. Nous sommes arrivés à un tournant de l’histoire de l’humanité où nous devons accepter nos erreurs, apprendre de nos fautes, nous taire certaines fois pour mieux apprécier la voix de l’autre.

La leçon apprise pendant cette expérience à Antananarivo peut se résumer ainsi, c’est la diversité, l’acceptation de l’autre dans toute sa plénitude qui sauvera l’humanité. Quand on commencera par accepter les nuances de couleurs qui font d’un arc-en-ciel un chef d’œuvre, on sera sur la bonne voie.

Antananarivo, le 26 Novembre 2016

 

2 thoughts on “Au-delà du mur des apparences

  1. C’est pourquoi tu nous disais @Attino et moi que tu n’as pas suivi les actus sur les élections dans ton pays, le lendemain quand Attino t’en a parlé?
    Par ailleurs tu as donc fui le thème MesoColumn me laissant donc seul avec ?

    1. Bonjour Saman, merci d’avoir lu.
      Alors je sais comment se déroule des elections chez moi, mais je n’avais pas d’informations actuelles car j’avais pris l’avion un jour avant la date et je suis arrivé a Mada, un jour apres. Donc je ne pouvais vraiment vous dire grand chose. Maintenant j’ai plus d’info.
      LOL

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