Cérémonie du Bois Caiman
La danse est la plus pure des libertés. Danser c’est repousser ses limites, faire corps avec soi. La danse, comme un fil rouge, a traversé les pages de l’histoire d’Haïti. Les esclaves ont dansé à des moments cruciaux du cheminement de l’histoire. Elle ne saurait être une activité inoffensive. Les esclaves dansaient le soir, après une longue journée de travail, pour posséder leurs corps et unifier leurs esprits. Ils dansaient autour de grands feux, pour invoquer l’au-delà, rappeler aux dieux leurs promesses. Pendant la cérémonie du Bois Caïman, ils ont dansé pour l’espoir et la liberté de toute une nation.

Aujourd’hui encore, la danse est présente, elle se perpétue dans les Lakous, au carnaval, pendant le carême jusqu’à la fête de Pâques , dans les salons et sur scène dans de beaux décors avec des corps qui veulent exprimer les échos de la parole, de l’indicible et du silence. Nous sommes un peuple qui danse.

J’ai vu George Markenley danser pour la première fois sur les planches du Centre et Compagnie de Danse Jean René Delsoin. Sans même le savoir et à lui seul, il assujettit le regard du public. Pour Georges Markenley, Danser c’est trouver l’équilibre. Il a commencé à danser à l’âge de dix ans, sa carrière professionnelle décollera un peu plus tard. Pour certains, la danse peut représenter juste un sport qu’on pratique dans une salle de gym, mais pour Markenley, c’est un langage, un medium pour communiquer. Peindre ses frustrations, exprimer autrement le quotidien. Danser c’est vivre.
Georges Markenley ne se rappelle plus ce qui l’avait attiré vers la danse, aussi loin que peuvent remonter ses souvenirs, il dansait déjà avec grande passion. Né pour danser, ainsi il se définit. Sur scène, il s’oublie totalement pour faire corps avec la musique. Georges Markenley avoue

‘’Je ne saurais décrire ce que je ressens quand je suis sur scène, j’ai l’impression de n’être plus de ce monde. Je suis dans un lieu d’une rare félicité.’’

Markenley évolue actuellement au Centre et Académie de Danse Jean René Delsoin et la Compagnie de Danse Ayikodans, deux écoles très connues et respectées du milieu. En 2016 et en 2017, Markenley a partagé sa passion sur les scènes du théâtre Adrienne Arsht Center à Miami et au conservatoire de l’Encre à Cayenne, dans les Antilles. On pourra apprécier ses performances au 6e saison des Jeudis de la danse qui débute très prochainement.

Courtoisie vidéo: Ayikodans

Pourquoi quelqu’un devrait pratiquer la danse ?

Il précise qu’elle est non seulement bénéfique pour la santé, c’est aussi un moyen de comprendre et d’interpréter le silence, de parler sans mot dire. Interpréter le monde qui nous environne, la danse est le meilleur moyen pour y parvenir.  C’est aussi une manière de sonder les tréfonds de soi, Avoue-t-il.