L’aube se pointe doucement, les conversations s’amplifient, les corps se déplacent à la lumière des lampadaires, des camions se déchargent, des marchands ambulants se frayent déjà un passage, apportant le thé ou le café. Des guerriers qui osent devancer les rayons du soleil. Ils défont des cartons, les étagères et les rayons se remplissent. Le soleil se lève enfin, avec la promesse d’une nouvelle journée chargée de responsabilités et de surprises. Cette scène se répète chaque jour dans les grandes artères commerciales de l’aire métropolitaine.

Les marchés publics font partie intégrante du rythme de vie de la population Port-au-Princienne. Certains d’entre-eux desservent depuis des décennies, tissant leurs propres histoires, protégeant leurs secrets. Le commerce est l’un des piliers économiques du pays, aidant la population à tenir face au chômage.

Le Marché en fer

Marché Hyppolite / Flicker Ruth Edwards

Connu aussi sous le nom de marché Hyppolite ou marché Vallières, il fut construit sous le gouvernement de Florvil Hyppolite dans les années 1890. Une structure en fer imposante surmontée d’un dôme avec une horloge sur le fronton d’entrée avait pour mission solennelle de donner l’heure aux visiteurs. Peint entièrement en rouge et vert, il sombra sous les incendies à plusieurs reprises, dont la dernière en date remonte à 2008. Le séisme du 12 janvier acheva ce qui restait de la structure. Élevé au niveau de patrimoine historique par l’institut de sauvegarde du patrimoine national (ISPAN), il sera reconstruit en 2011 pareil au premier avec le concours financier de l’homme d’affaire Denis O’Brien, propriétaire de la compagnie de téléphonie mobile Digicel. Le marché est autonome en matière d’électricité et offre toute une panoplie de produits artisanaux,  produits de beauté, fruits, légumes et même un stand qui offre des journaux nationaux et internationaux.

 

Le marché de la Croix-des-Bossales

Sac de charbon au marché Croix des Bossales. Flicker Isabeau Doucet

Un nom qui en dit long et qui évoque des souvenirs pas très joyeux. Si on feuillette l’histoire,  elle nous dira que ce nom vient de la traite des noirs. Cette zone servait de débarquement aux bateaux transportant les nègres d’Afrique. Aujourd’hui encore, la presse n’en parle pas avec des mots très flatteurs. Spirale de terreur, parodie de marché, décharge publique, le plus grand marché de l’air métropolitaine souffre et la douleur ne vient pas des mots auxquels on fait appel pour en parler mais plutôt le contraire, l’état de la zone inspire des mots qui font référence à la puanteur. Réhabilité à plusieurs reprises, il reprit lentement son revêtement comme si le nom ne pouvait évoquer autre chose que relent et détritus. Offert comme cadeau en 2008 par la république Bolivarienne (Venezuela) le marché est assis sur 70 000 mètres carrés et représente un défi sanitaire de taille.

 

Le marché aux  fruits et légumes de Pétion ville

Crédit : Soucaneau Gabriel

Construit sous le gouvernement de Michel Martelly, ce marché loge les vendeurs qui autrefois investissaient les trottoirs de la Rue Ogé. Inauguré le 19 Septembre 2014, le marché repose sur 345 mètres carrés et offre le confort de trois douches, un bloc sanitaire, quatre dépôts et un réservoir pouvant contenir dans les 10.000 gallons d’eau. Les étagères très achalandées proposent couleurs et saveurs aux acheteurs, les fruits murs flattent l’odorat des passants qui souvent tombent sous la magie. Au marché de fruits et de légumes de la rue Ogé, les étalages ne désemplissent pas. Les acheteurs se font plaisir quotidiennement.

 

Marché des fleurs de Pétion-ville

Photo : Soucaneau Gabriel

Placé à l’intérieur de la place St-Pierre depuis sa réhabilitation sous le gouvernement de Michel Martelly, le marché de fleurs fait partie de la cadence de vie des Pétion-villois. La première version du marché était une courtoisie du Rotary Club de Pétion-ville dans les années 80 aux marchands qui vendaient sur les trottoirs. Aujourd’hui, il poursuit son achalandage et offre des variétés de fleurs depuis plusieurs décennies. Des tulipes, des variétés de roses, des oiseaux du paradis, des orchidées, des pompons, des marguerites, des jasmins et tant d’autres variétés offertes à ceux qui veulent rehausser leur chez soi, un bureau, offrir un bouquet comme cadeau. Les fleuristes viennent eux aussi s’y approvisionner. De nos jours, certaines variétés viennent d’ailleurs (Miami, Saint-Domingue) car les rares endroits qui en fournissaient souffrent de la non exploitation des fleurs, alors l’importation s’impose pour continuer à satisfaire l’engouement des amants de la nature. Le prix est à discuter selon la variété, la beauté, le volume du bouquet. Certains marchands sont là depuis plus de 10 ans.

 

Marché de Puits Blain

Une initiative du Maire de Delmas Wilson Jeudy dans sa politique d’urbanisation et sa volonté d’offrir plus de services à la commune. Les travaux ont duré une année, d’Avril 2014 à Avril 2015, la date de l’inauguration. Le marché est divisé en 4 grands compartiments. L’entrée sert d’étalage aux produits cosmétiques, vient ensuite les produits alimentaires, un abattoir-boucherie et la partie arrière pour les fruits et les légumes. Un étage supérieur abrite un dépôt et le bureau de l’administrateur des lieux. Les marchandes d’humeur taquine cèdent leurs produits tout en profitant du bâtiment flambant neuf aux murs très colorés.

 

Marché Tête Bœuf

Inauguré le 17 avril 1984 sous le gouvernement de Jean Claude Duvalier, le marché sis au boulevard Jean Jacques Dessalines,  à côté du Commissariat Portail St-Joseph, desservait tranquillement ses occupants et le reste de la population. Deux incendies l’ont complètement ravagé. Le 16 et le 31 Mai 2005, deux incendies en l’espace de quelques jours. Le tremblement de terre du 12 Janvier 2010 acheva les ruines et aujourd’hui le marché ne fait pas l’objet d’un projet de reconstruction, malgré les nombreuses démarches de ses occupants auprès du gouvernement. Exclusivement, ses étalages offraient vêtements et produits cosmétiques.