Madagascar, mémoire d’un voyageur

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L’aventure dans la métropole malgache continue, il m’a fallu une journée entière et quelques heures de plus pour retrouver mon équilibre. Deux jours sans fermer l’œil de la nuit et un décalage de plus de huit (8) heures entre Haïti et Madagascar. J’entame donc ma visite dans cette capitale cosmopolite un peu désorienté.

Mon équilibre retrouvé, j’ouvre un peu plus grand les yeux pour apprécier ce qui s’offre à mon regard d’étranger en quête d’exotisme, de repères et de souvenirs. J’ouvre grand la fenêtre de ma chambre d’hôtel pour humer l’air frais malgache, il est six (6) heures et le soleil est déjà très haut dans le ciel. Le brouhaha de la rue parvient à mes oreilles, quelques klaxons de taxi et des échos de voix résonnent çà et là. Dans un immeuble en face, des soldats font quelques pirouettes. Dans la salle de bain, mon collègue « Mondoblog » prend sa douche. Madagascar s’exprime dans un langage que je capte jusqu’à cette minute. Je ne me sens pas dans la peau d’un étranger égaré dans un pays à l’autre bout du monde. Plutôt un enfant de la terre faisant de plus ample connaissance avec la Matrice.

Je regarde à travers la fenêtre du bus qui fait la navette entre l’hôtel où nous sommes logés et le village de la Francophonie où se déroule la formation sur le journalisme en ligne et le « blogging » avec « Mondoblog », une population qui se débrouille du lever au coucher du soleil. Je vois un sourire qui ne se fane pas, une courtoisie hors du commun, un regard porteur d’espoir sur l’avenir. Les Malgaches s’ouvrent posément au monde.

Coup de cœur

L’Arlequin

Ce restaurant sympa où nous dînons tous les soirs vers huit (8) heures est tenu par un homme et son fils. La courtoisie est sans borne. Les plats diffèrent les uns et des autres, offrant à mon palais d’autres saveurs. Au menu de l’indien, du Marocain et des plats européens. Un petit clin d’œil complice à la crème à la glace et le litchi.

La conversation autour du Baobab

les baobabs representent de la grandeur pour Les Malgaches

Un bloggeur a le droit de satisfaire sa curiosité, c’est peut-être une loi, écrite je ne sais où. La présence du Baobab un peu partout a attiré mon attention. Ce grand arbre majestueux domine le regard. A Madagascar, il représente un symbole solennel et royal, c’est ce qui explique sa présence sur les cartes postales, aux bords des routes, sur les affiches, etc. Il y a même des restaurants du nom et une classe Baobab sur certaines lignes aériennes, m’a confié une bloggeuse Malgache.

 

Le Mojo

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Antananarivo regorge de ces endroits mythiques où l’Haïtien que je suis peut vivre au rythme de la nuit. Sans l’alerte constante des taxis et des voitures privées, des marchands ambulants qui vous offrent l’artisanat local. La circulation retrouve sa fluidité, l’atmosphère devient un peu plus humide.

Vivre au rythme de la nuit de Madagascar c’est arpenter ses dalles le soir, dans ces rues quasi sombres et tranquilles. A quelques centimètres des trottoirs des portes s’ouvrent sur des univers qu’il faut à tout prix découvrir, et apprivoiser, au besoin. Parmi eux, le Mojo.

Je monte une à une les marches du Mojo, habité de ce sentiment d’être dans un film d’un autre temps. Une lumière rouge, diffuse, prêtant à confusion me happe dès l’entrée. Me voilà dans un univers tapissé de rouge où tous les breuvages du monde sont exposés (j’y vais un peu fort là). Le Mojo est un bar à liqueur où ceux qui ont besoin d’un peu de velouté ou prendre le pied sur le décalage viennent prendre quelques verres et surtout danser au rythme du temps sur la piste de danse.

Rindra, une bloggeuse locale me fait tâter le pouls de la blogosphère malgache, leur approche d’internet et des réseaux sociaux. Madagascar est un pays de liberté d’expression. A travers son blog elle peut toucher le sujet qu’elle veut. Les femmes Malgaches peuvent choisir librement les études et embrasser l’avenir désiré. Bravo. Je suis curieux de la liberté des femmes. De la liberté des autres. Minorité, majorité, quel que soit l’étiquette collée par la société, je suis curieux du bien-être et de la liberté de l’autre.

Je reprends Air Madagascar pour Paris avec le sentiment d’avoir raté quelque chose, je n’ai pas visité le château de la Reine. Je n’ai pas eu le temps de visiter le pays profond, loin des gratte-ciels et le farniente. Je n’ai pas su interpréter le sourire des enfants des rues. Je me promets de revenir un jour. Je ne sais pas quand, mais un jour. Ce jour-là j’ouvrirai la fenêtre pour devancer l’aube,  je verrai le soleil se lever sur ces milliers de sourires. Ces milliers de petits visages ronds, ces yeux curieux et tendres.

 

Salama Malagasy

 

 

 

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