Des dents blanches aux allures des coraux de la Caraïbes, une peau noire de jais qui contraste parfaitement avec ce sourire déesse du soleil dont elle affiche. Je suis en présence de Syndie Désir, une fleur d’Haïti qui éclos malgré toutes les embuches dressées sur son parcours. Du 23 septembre au 2 octobre dernier, elle représentait dignement Haïti à Miss Progress en Italie. Coup d’œil sur cette figure qui gravit en talon aiguille  les marches pour se figurer dans la longue liste des divinités de l’ile.

Crédit Photo: Gio Casimir
Crédit Photo: Gio Casimir. Accessoire : Spectraa Couture

 Assis en face de Syndie pour l’entrevue, j’ai dû me retenir pour ne pas la serrer dans mes bras à chaque instant. Et pourtant nous étions à notre deuxième rencontre. Sympathique, joviale et passionnée, sa présence allège l’atmosphère et rend la conversation limpide.

Syndie Désir fait partie de ces reines de beauté ayant représenté le pays au niveau international. Quatre (4) concours de miss à son actif, elle aura laissé son empreinte à Miss Vidéomax, Miss Anayiz, Miss Haïti et plus récemment Miss Progress International. Des compétitions qui lui ont permis de se mettre au défi, de représenter valablement qui elle est, ses idées, sa vision du monde. À côté de ses études en psychologie, elle est mannequin de Zoule agency, enchaînant les séances de photo et les clips vidéo. On l’aura vue dans le dernier clip ‘’Kite yo pale’’ marquant le grand retour du groupe ‘’Sweet Micky’’.

Syndie a voulu aussi clarifier ce qu’est un concours de beauté aujourd’hui et l’impact qu’il peut avoir sur une jeune femme. Pour elle, ces activités ont leur place dans la société. Elles participent à l’émancipation de la femme et offrent une plate-forme à celle qui désire influencer positivement les autres. Celle qui désire vendre ses idées, qui veut montrer que la femme a beaucoup plus à offrir à la société que cette petite boite dans laquelle l’imaginaire collectif veut la confiner. Un concours de beauté apporte beaucoup d’estime pour certaines femmes qui en manquaient et leurs permet de tenir les rênes de leurs vies, selon les considérations de Syndie.

L’expérience à Miss Progress International

Elle explique que ce concours sur les planches internationales, à Puglia en Italie, a été l’une de ses plus belles expériences. Elle était la seule à porter sa charge culturelle, à vanter les couleurs d’Haïti, à s’exprimer en créole. Il a été demandé aux concurrentes de présenter un projet viable pour leur communauté et Syndie s’est démarquée des autres candidates avec le sien. ‘’Sove lavi yon Timoun’’ (Sauvons la vie d’un enfant), Un projet pour accompagner les femmes enceintes de la Ville de Bel-Anse et des plans pour contrecarrer la malnutrition dans la zone.

Elle avoue, cependant, que ces compétitions peuvent être des couteaux à double tranchant. Etre sous les feux des projecteurs, avoir ses photos étalées dans les réseaux sociaux, les critiques peuvent être vraiment acerbes. Et certaines ne supportent pas tant de pression. Pour Syndie ses expériences lui ont permis de faire l’équilibre, se situer, voir le regard que porte la société sur elle, ce que pensent les autres  et le plus important, à forger sa propre opinion d’elle-même.

 Sa définition de la beauté

L’unicité. La différence. Juger la beauté équivaut à juger l’univers dans toute sa diversité. On ne saurait se baser sur des critères pour dire ce qui est beau ou pas. L’univers est bien trop généreux.

De nos jours, il y a une dangereuse quête de beauté parfaite et éternelle. Certaines personnes ont été même à subir des chirurgies extrêmes pour ressembler à un idéal vanté dans les magazines, la télévision, etc.  Cette quête fait beaucoup de dégâts, aussi intérieur qu’extérieur. Le chemin de l’acceptation de soi peut-être difficile mais c’est le meilleur moyen pour embrasser qui on est. Syndie Désir conseille aux jeunes de s’affirmer, de célébrer la matière avec laquelle ils sont venus au monde.

 Représenter Haïti dans l’international

Chaque fois qu’un jeune représente le pays dans l’international, il dévoile une facette du pays, il apporte quelque chose de nouveau dans cet amas d’informations véhiculées par les medias internationaux qui ne sont pas toujours flatteuses.

Ce n’est pas une tâche facile et elle applaudit tous les jeunes qui ont déjà eu cette responsabilité et aussi ce privilège.

Syndie Désir poursuit tranquillement ses études en psychologie, elle se promet de s’impliquer un peu plus dans le social et se prépare pour d’autres concours qui pourraient se manifester.

 @Novembre 2016