À la gare

Comme tous les autres passagers, j’attends un train pour une certaine destination. Nous sommes en décembre, le vent froid et sec de l’hiver se fait sentir. Dans la salle d’attente de la gare, les secondes de la grande horloge s’égrènent lourdement. De temps en temps, je me surprends en train de fixer les aiguilles. L’homme assis sous l’horloge pense peut-être que je suis en train de le surveiller. Un brin amusé, je souris intérieurement et je penses à Sherlock Holmes, cette série qui m’a gardé éveillé jusqu’à tard dans la nuit.

À chaque arrivé de train, des passagers descendent, accueillis par des membres de leurs familles. Ils s’embrassent, se racontent leur semaine et vont se réchauffer autour d’un café. Je regarde passer des dizaines et des dizaines de passagers, certains pressés de s’engouffrer dans les voitures du train, d’autres contents de rentrer à la maison. Moi j’attends, les secondes de l’horloge sont encore plus lourdes dans mes tympans. L’inventeur de cet appareil aurait pu le mettre sur mode silencieux, je n’aurais pas à supporter ce bruit du temps qui passe, si lentement.

À la gare, des visages se croisent furtivement, des sourires et des poignées de main. Des lendemains se croisent aussi, des destins qu’on lirait dans des romans plus tard, qu’on mettrait en musique ou peut-être sur grand écran. Près de moi, une femme hurle dans son téléphone dans une langue que je ne comprends pas. L’écran de la salle d’attente affiche la voie de départ de mon train. Je prends mon manteau et je suis parti.

Le train file à vive allure, des paysages verts à perte de vue, des maisons si petites qu’on pourrait croire qu’elles abritent des fourmis. De la fumée s’élève dans les cheminées et je me mets à penser aux familles autour de la table en train de dîner ou de se réchauffer devant le feu.

Pixabay

Arrivé à destination, une foule de personnes attend. Des passagers descendent, ils se mettent à s’embrasser, à se réchauffer mutuellement, à aller prendre des cafés. Je cherche un visage familier parmi tout ce beau monde, personne. Je me promet qu’un jour quelqu’un viendra m’attendre, on s’embrassera et on se réchauffera aussi, autour d’un café, autour d’un grand feu, avec de la musique en toile de fond.

 

3 réflexions au sujet de « À la gare »

  1. Ping : Les pépites de Mondoblog : vérité et relations humaines — Mondoblog

  2. Ping : L’attente - Quête de liberté

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *